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3e thème 3 hitoire Françaises et Français dans une République repensée

Le cours en images

Écoutez le cours !

»» 1944-1947, refonder la République, redéfinir la démocratie

»» La Ve République, de la République gaullienne à l’alternance et à la cohabitation

»» Femmes et hommes dans la société des années 1950 aux années 1980 : nouveaux enjeux sociaux et culturels, réponses politiques

Activités en classe

  • 1944-1947, refonder la République, redéfinir la démocratie. 2h

Travail individuel sur le préambule de 1946 : répertorier et classer les notions de liberté, de droits, d’égalité, d’universalité. http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/la-constitution/la-constitution-du-4-octobre-1958/preambule-de-la-constitution-du-27-octobre-1946.5077.html

  • La Ve République, de la République gaullienne à l’alternance et à la cohabitation. 2h

TTravail en binôme, personnalisation d’une trame chronologique  à partir de faits datés : voici une liste de  modifications, d’évolutions institutionnelles de la Ve République  avec les événements qui s’y rattachent. Rechercher les événements pour distinguer s’il s’agit d’un temps de crise ou d’un temps de pratique institutionnelle ou d’une réponse politique à une demande sociale.

  • Femmes et hommes dans la société des années 1950 aux années 1980 : nouveaux enjeux sociaux et culturels, réponses politiques. 4h

EDC multiples sujets sociétaux et culturels : sujet 1 Simone Veil, une femme engagée (Magnard), sujet 2 l’émancipation des Françaises, sujet 3 mai 1968 (Magnard), sujet 4 les immigrés dans les années 1950-1980, sujet 5 la démocratisation de l’art, Travaux en binômes : restitution orale devant la classe.

Projection du FILM La sociologue et l’ourson (réflexion cinématographique sur le mariage pour tous), Réalisateurs Mathias Théry, Étienne Chaillou, 1h18 –  Nourrir un débat sur un nouvel enjeu de société ?

Chronologies

Le vocabulaire

Abstention : le fait de ne pas voter à une élection.

Accords de Grenelle : les accords signés en mai 1968 sur des augmentations de salaires et la place des syndicats dans les entreprises.

Alternance (une) : le passage au pouvoir d’une majorité politique à une majorité politique opposée.

Assemblée consultative provisoire : l’assemblée basée à Alger en 1943 et 1944, représentant les mouvements résistants et les partis politiques de la France libre.

Baby-boom : l’augmentation importante du taux de natalité durant les Trente Glorieuses.

Ballotage (un) : lors d’une élection au scrutin majoritaire à deux tours, c’est un résultat ou aucun des deux candidats n’a obtenu la majorité absolue au premier tour. Les deux candidats sont alors en ballottage au second tour de l’élection.

Cohabitation (une) : situation politique dans laquelle le Président de la République et le Premier ministre sont de tendances politiques opposées.

 Comité français de Libération nationale (CFLN) : le gouvernement de la Résistance française basé à Alger en 1943 et 1944 et dirigé par le général de Gaulle.

Constitution (une) : texte qui définit l’organisation et le fonctionnement du pouvoir dans un État.

Couverture maladie universelle (CMU) (la) : permet aux personnes ne bénéficiant pas de la Sécurité sociale (sans travail) d’avoir une protection sociale notamment pour être soignées

Crise économique : à partir de 1974 la croissance baisse en France, les emplois industriels se réduisent et le chômage augmente. En 2017 la crise économique n’est toujours pas résolue.

Devoir de mémoire : l‘obligation morale de se souvenir de souffrances du passé (esclavage en outre-mer, déportation dans les camps nazis, torture en Algérie).

Dissolution (une) : décision, prise par le Président de la République ou le Gouvernement de mettre fin avant le délai normal au mandat d’une assemblée parlementaire.

Élections législatives : les élections au suffrage universel afin de désigner les députés à l’Assemblée nationale.

État-providence : un État qui garantit à tous le progrès social en donnant des droits nouveaux.

Féminisme : le mouvement qui promeut les droits des femmes et l’égalité avec les hommes.

Gaulliste : une personne, ou une politique, inspirée par les idées du général de Gaulle.

Grève générale : un mouvement social touchant toutes les catégories professionnelles.

Immigration : installation définitive dans un pays de personnes originaires d’un autre pays.

Instabilité gouvernementale : les renversements successifs de gouvernements, obligés de démissionner, dans un temps court.

Intégration : insertion sociale au sein d’une société.

Interruption volontaire de grossesse (IVG) (une) : avortement autorisé par la loi sous certaines conditions.

IVe République : le régime politique de la France entre 1946 et 1958, caractérisé par d’importants pouvoirs accordés au Parlement.

Média (un) : moyens de communication de masse comme par exemple la presse, la radio, la télévision, Internet…

MLF : le Mouvement de libération des femmes est l’une des principales organisations féministes en France.

Mouvement des Gilets jaunes : apparaît en octobre 2018. Ce mouvement social spontané trouve son origine dans la diffusion, principalement sur les réseaux sociaux, d’appels à manifester contre l’augmentation de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE). À partir du 17 novembre 2018, la contestation s’organise autour de blocages de routes et ronds-points et de manifestations tous les samedis. Ces protestations mobilisent surtout les habitants des zones rurales et périurbaines, mais s’organisent également dans des métropoles, où se produisent plusieurs épisodes violents, notamment sur l’avenue des Champs-Élysées. Sans réponse politique de la part du gouvernement et du chef de l’État, le mouvement des Gilets jaunes devient un mouvement social et politique. Lors des rassemblements, le plus souvent non déclarés, plusieurs milliers de personnes sont blessées, aussi bien du côté des manifestants que des forces de l’ordre. Face à l’ampleur de ce mouvement, l’exécutif renonce à la hausse de la TICPE. Le président de la République, Emmanuel Macron, annonce ensuite des mesures et lance le grand débat national. Cette réponse ne met pas fin au mouvement, et les mobilisations persistent sous différentes formes.

Nationalisation : la prise de contrôle par l’État d’une entreprise privée ou d’un secteur économique entier (après la libération en 1944-1947 et en 1981 par exemple).

Pacs (le) : pacte civil de solidarité. Union civile entre deux personnes, quel que soit leur sexe. Ne donne pas tous les droits et devoirs du mariage.

Personnalisation (la) : représentation d’une idée sous la forme d’une personne. Entre 1958 et 1969 de Gaulle personnalise le pouvoir.

Pouvoir exécutif : Pouvoir de faire appliquer la loi, exercé par le président de la République et le Premier ministre.

Pouvoir législatif : Pouvoir de voter les lois. Ce pouvoir est détenu par l’Assemblée nationale et le Sénat qui composent le Parlement.

Quinquennat : l’exercice d’une charge ou d’un mandat dont la durée est de cinq ans.

Racisme : le comportement de ceux qui affirment la supériorité d’une « race » sur les autres. Le racisme est un délit en France.

Référendum  (un) : la consultation directe du peuple qui vote lui-même, en répondant par oui ou non, un texte essentiel (traité international, révision de la Constitution, loi).

Revenu minimum d’insertion (RMI) (le) : créé en 1988 par Michel Rocard, il s’agit d’un petit revenu versé aux personnes sans ressources.  Remplacé par le Revenu de solidarité active (R.S.A.) en 2009.

Scrutin majoritaire à deux tours : un mode de scrutin par lequel seul le candidat qui a obtenu le plus de voix est élu. Si aucun n’a franchi la barre des 50 % des suffrages au premier tour alors un deuxième tour est organisé entre les candidats arrivés en tête.

Séparation des pouvoirs : les pouvoirs (exécutif, législatif et judiciaire) ne sont pas réunis dans les mains d’un seul. C’est la Constitution qui organise les rapports entre les pouvoirs.

Septennat : l’exercice d’une charge ou d’un mandat dont la durée est de sept ans.

Services : le secteur d’activité, public ou privé, qui ne concerne pas la production matérielle.

Société civile : l’ensemble des citoyens qui agissent de manière volontaire, en dehors de l’État ou des partis politiques.

Suffrage universel (le) : droit de vote pour tous les citoyens sans distinction de sexe ou de fortune.

Suffragette : une militante réclamant le droit de vote.

Trente Glorieuses : la période de trente ans marquée par une forte croissance économique et démographique entre 1945 et 1975.

Repères historiques et Personnages importants

Carte mentale du thème

Le cours

  1. 1944-1947, refonder la République, redéfinir la démocratie

A la Libération, la République est refondée

Un Gouvernement provisoire de la République française.

Contrairement au Régime de Vichy, la Résistance conserve un fonctionnement démocratique durant la guerre. En 1943, un gouvernement de la France libre siège à Alger. Il prend le nom de GPRF, Gouvernement provisoire de la République française.

Dès la libération de Paris en août 1944, il s’installe alors que le territoire n’est pas encore complètement libéré. De Gaulle préside le GRPRF entouré d’hommes politiques de gauche (communistes, socialistes, radicaux) et de démocrates-chrétiens (Mouvement républicain populaire, MRP).

Toutes les décisions de Vichy sont annulées. Les collaborateurs actifs sont arrêtés et jugés.

La République est refondée avec difficulté.

Pour le GPRF, la Constitution doit être écrite par des représentants élus et approuvée par le peuple par référendum. La démocratie exige que les Français soit associés à la refondation de la république.

En octobre 1945, une Assemblée constituante élue est chargée de rédiger un texte de Constitution. Composée de nombreux hommes politiques de la IIIe République, elle propose un régime qui avantage le pouvoir législatif (le parlement) sur le pouvoir exécutif (le gouvernement).

De Gaulle souhaite au contraire un pouvoir exécutif fort. Il quitte le GPRF en janvier 1946. Un premier texte est rejeté par le peuple.

Une nouvelle assemblée élue rédige un nouveau projet de Constitution peu différent. Il est finalement adopté en octobre 1946. C’est la naissance de la IVe République, une constitution qui avantage donc le pouvoir législatif. Le Président de la République a très peu de pouvoirs.

De la démocratie politique à la démocratie sociale

Les femmes deviennent citoyennes.

Depuis la fin du XIXe siècle,  les femmes françaises réclament le droit de vote. Les hommes politiques de la IIIe République refusent considérant les femmes comme inaptes à exercer ce droit.

Le GPRF selon ses principes démocratiques, accorde en octobre 1944 le droit de vote aux femmes. Il récompense le rôle des femmes dans la Résistance et oriente la refondation de la République vers un suffrage universel. Les femmes françaises participent en masse aux élections municipales et législatives de 1945. Très peu sont élues.

Les réformes inspirées par le Conseil national de la Résistance.

Durant la guerre le CNR a écrit un programme de réformes économiques et sociales pour accompagner la refondation de la République. Le GPRF puis la IVe République mettent en place un Etat qui garantit à tous le progrès social en donnant des droits nouveaux : c’est l’Etat-providence.

Dans le domaine économique l’Etat prend le contrôle de secteurs essentiels à la reconstruction du pays. Il nationalise les domaines de l’énergie, des transports ou de la finance. Les entreprises ayant collaboré avec l’Allemagne nazie sont également nationalisées (exemple, Renault).

Dans le domaine social, les lois de 1936 adoptées par le Front populaire sont rétablies et complétées. Les comités d’entreprise donnent aux salariés un droit de regard sur le fonctionnement de leur entreprise. La Sécurité sociale est instituée en 1945. Elle accorde aux travailleurs français une protection face aux risques de la vie : enfance, vieillesse, accident, maladie.  Son principe repose sur la solidarité. Les cotisations des salariés et des entreprises permettent de financer la Sécurité sociale.


  1. La Ve République, de la République gaullienne à l’alternance et à la cohabitation.

La République gaullienne

Une nouvelle République.

L’instabilité gouvernementale et la guerre d’Algérie provoquent l’effondrement de la IVe République. Le général de Gaulle accepte de revenir au pouvoir pour régler la crise mais avec  l’accord de fonder une nouvelle Constitution. En septembre 1958, les Français approuvent par référendum la Ve République qui donne au pouvoir exécutif (le gouvernement et le président de la République) plus d’importance que le pouvoir législatif (le parlement).

La Ve République renforce le pouvoir exécutif.

La nouvelle Constitution donne au président de la République d’importants pouvoirs : il nomme le Premier ministre, il peut dissoudre l’Assemblée nationale, il est le chef des armées, il peut consulter par référendum les Français et prendre des mesures exceptionnelles en cas de crise grave. Le scrutin majoritaire permet de dégager des majorités fortes.

Élu président de la République au suffrage indirect par un collège de plus de 80 000 grands électeurs en décembre 1958, De Gaulle renforce encore le chef de l’Etat en faisant approuver par référendum l’élection du président de la République au suffrage universel en 1962. La première élection présidentielle sous cette forme a lieu en 1965.

De Gaulle personnalise le pouvoir présidentiel en utilisant les médias et en effectuant de nombreux voyages en France et à l’étranger. En mai 1968, une partie de la population conteste ce pouvoir jugé trop personnel. Suite à un référendum perdu, de Gaulle démissionne en avril 1969. Tous ses successeurs, de droite comme de gauche, utiliseront également cette personnalisation du pouvoir.

La Ve République depuis 1969.

Alternance politique et cohabitations (1981-2002).

Le 10 mai 1981 le socialiste François Mitterrand est élu président de la République. C’est la première alternance politique au niveau présidentiel (premier président de gauche). Des réformes sociales sont mises  en place : abolition de la peine de mort, retraite à 60 ans, 5e semaine de congés payés.

En 1986, les élections législatives placent la droite au pouvoir. Le président Mitterrand est obligé de nommer  un Premier ministre de droite (Jacques Chirac). C’est la première cohabitation (la seconde entre 1993 et 1995, la 3e entre 1997 et 2002).

En septembre 2000, la réforme du quinquennat est adoptée par référendum : désormais le mandat du président de la République est fixé à cinq ans comme celui des députés (assemblée nationale).

La Ve République depuis 2002.

L’alternance politique se poursuit depuis 2002. Après le quiquennat de Nicolas Sarkozy, le parti socialiste revient au pouvoir en 2012 avec l’élection à la Présidence de François Hollande. Mais depuis les années 2000, la société civile (associations) bouscule les partis politiques par certaines revendications (écologiques par exemple). La population souhaite davantage de démocratie et d’implication dans les décisions prises. Une défiance des électeurs vis-à-vis des partis politiques apparaît et elle se traduit par une forte abstention lors des scrutins.


  1. Femmes et hommes dans la société des années 1950 aux années 1980 : nouveaux enjeux sociaux et culturels, réponses politiques

Les mutations de la société française dans l’après-guerre.

Après 1945, le baby-boom (forte augmentation des naissances) entraîne des besoins nouveaux et une présence massive de la jeunesse dans la société. Les emplois dans les  services se développent et intègrent les femmes qui, à partir de 1965, n’ont plus besoin de l’autorisation de leur mari pour travailler, pour ouvrir un compte bancaire et disposer d’un carnet de chèques.

Dans le contexte de la reconstruction, l’immigration est relancée car la main-d’œuvre manque dans l’industrie, le bâtiment et l’agriculture. Originaires d’Europe puis d’Afrique, les immigrés se concentrent dans les métropoles.

Les enjeux sociaux et culturels des années 1960-1970

La jeunesse et les travailleurs revendiquent plus de démocratie politique, économique, sociale et culturelle. Ils souhaitent également plus de liberté. Le mouvement de contestation des étudiants de mai 1968 devient un mouvement de contestation générale. Le gouvernement de Pompidou et les syndicats signent les accords de Grenelle pour résoudre la crise.

Des associations se constituent pour améliorer et changer la société. Ainsi le Mouvement de libération des femmes (MLF) lutte pour les droits des femmes à partir de 1970.

Les réponses politiques des années 1970-1980

Avec l’arrivée au pouvoir de Giscard, l’Etat met en place une politique libérale : en 1974, VGE abaisse à 18 ans l’âge de la majorité légale, accorde l’Interruption volontaire de grosse (IVG), la contraception, le divorce par consentement mutuel en 1975. Mais l’apparition de la crise économique crée des tensions sociales et aggrave le rejet des travailleurs étrangers. Des associations comme SOS-Racismes se forment pour lutter contre les discriminations raciales.

Les socialistes au pouvoir en 1981 poursuivent les réformes sociales : abolition de la peine de mort, régularisation des sans-papiers, 5e semaine de congés payés, dépénalisation de l’homosexualité, retraite à 60 ans.

Mais la crise économique se poursuit et les réformes sociales ont un coût économique. Le chômage passe la barre des 2 millions de personnes en 1985. La population vieillit et le paiement des retraites est de plus en plus lourd.

Questions et réponses politiques depuis 1990.

La crise économique se poursuit en France malgré les alternances politiques.  On compte en 2016  entre 3 et  5,4 millions de chômeurs selon les méthodes de calcul utilisées. Dans ce contexte de crise et de vieillissement de la population le système des retraites est réformé et l’âge de la retraite est désormais fixé à 62 ans. Enfin la volonté de réformes sociales se poursuit avec l’adoption du mariage pour tous en 2013.

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