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Thème 3 Histoire France 19e

 

Société, culture et politique dans la France du XIXe siècle

Les notions du thème

Les Dates

Activités

 

 

Le vocabulaire

Sites

Bibliothèque nationale de France (BNF) : de la gazette à Internet pour étudier l’histoire de la presse (EMI)

LE VOTE ET LE SUFFRAGE UNIVERSEL 1848-1914, Dossier réalisé par Claude Robinot et Didier Masfrand (http://www.histoire.ac-versailles.fr/old/pedagogie/vote/accueil.htm)

Le cours

Cours

  1. Une difficile conquête : voter de 1815 à 1870

Le temps des monarchies et des révolutions (1815-1848)

En 1815, Louis XVIII rétablit la monarchie : c’est la Restauration. C’est une monarchie constitutionnelle car une charte garantit les acquis révolutionnaires de 1789. Mais en  1824, Charles X devient roi. Sa politique est favorable à un retour à la monarchie d’Ancien Régime (politique réactionnaire). Cela provoque la révolution de 1830.

Charles X s’exile mais la République n’est pas rétablie. Louis-Philippe Ier devient alors « roi des Français ». C’est la Monarchie de juillet (1830-1848). Le nouveau régime se veut libéral et moderne : adoption du drapeau tricolore et élargissement du droit de vote. Mais de nouveau le régime tente de limiter les libertés.

Charte constitutionnelle du 4 juin 1814

Droits publics des Français.

* Article 1. Les Français sont égaux devant la loi, quels que soient d’ailleurs leurs titres et leurs rangs.

* Article 2. Ils contribuent indistinctement, dans la proportion de leur fortune, aux charges de l’État.

* Article 4. Leur liberté individuelle est également garantie, personne ne pouvant être poursuivi ni arrêté que dans les cas prévus par la loi et dans la forme qu’elle prescrit.

* Article 5. Chacun professe sa religion avec une égale liberté, et obtient pour son culte la même protection.

* Article 8. Les Français ont le droit de publier et de faire imprimer leurs opinions, en se conformant aux lois qui doivent réprimer les abus de cette liberté.

* Article 9. Toutes les propriétés sont inviolables, sans aucune exception de celles qu’on appelle nationales, la loi ne mettant aucune différence entre elles.

Formes du Gouvernement du Roi.

* Article 13. La personne du Roi est inviolable et sacrée. Ses ministres sont responsables. Au Roi seul appartient la puissance exécutive.

* Article 15. La puissance législative s’exerce collectivement par le Roi, la Chambre des Pairs et la Chambre des Députés des départements.

De la Chambre des Députés des départements.

* Article 40. Les électeurs qui concourent à la nomination des Députés ne peuvent avoir droit de suffrage s’ils ne paient une contribution directe de 300 Fr., et s’ils ont moins de trente ans.

* Article 48. Aucun impôt ne peut être établi ni perçu s’il n’a été consenti par les deux Chambres et sanctionné par le Roi.

Un suffrage réservé aux riches

 

  RESTAURATION MONARCHIE DE JUILLET
Qui dirige ? Louis XVIII (1815-1824) Louis Philippe (1830-1848)
Avec quel titre ? Roi de France Roi des Français
Quels symboles ? Drapeau blanc Drapeau tricolore
Sur quelle base ? Charte de 1814 Charte de 1814
Qui vote ? Les hommes de plus de 30 ans, payant au moins 300  francs d’impôt.

(=110 000 électeurs, soit 0,4 % de la population)

Les hommes de plus de 25 ans, payant au moins 200  francs d’impôt.

(=240 000 électeurs, soit 0,7 % de la population)

Pour élire qui ? Des députés, âgés d’au moins 40 ans, payant au moins 1000 francs  d’impôt.

(= 15 000 personnes, soit 0,05% de la population)

Des députés, âgés d’au moins 30 ans, payant au

moins 500 francs d’impôt.

Des conseillers municipaux et généraux

(= 56 000 pers, soit 0,15% de la population)

 

L’installation du suffrage universel masculin (1848-1870)

De la seconde République au second Empire

La République cesse rapidement ses réformes et en juin 1848, une révolte ouvrière est durement écrasée par l’armée. En décembre 1848, Louis Napoléon Bonaparte, neveu de Napoléon Ier, est élu Président de la République. Pour conserver le pouvoir, il organise un coup d’État en décembre 1851. C’est la fin de la deuxième République.

En 1852, le second Empire est proclamé. Louis Napoléon Bonaparte devient empereur sous le nom de Napoléon III.

Il instaure un régime autoritaire :

  • l’empereur détient une grande partie des pouvoirs ;
  • limitation des libertés ;
  • manipulation du suffrage universel.
Avril 1848 : première élection au suffrage universel masculin

À partir de 1860, Napoléon III gouverne de manière moins autoritaire : il restaure la liberté de réunion et accorde le droit de grève en 1864. En 1870, il engage la France dans une guerre contre la Prusse ; sa défaite à Sedan entraîne la chute du second Empire.

Un suffrage universel réservé aux hommes

 

  SECONDE REPUBLIQUE 1848-1851 SECOND EMPIRE 1852-1870
Qui dirige ? Louis Napoléon Bonaparte (1848-1852) Napoléon III (1852- 1870)
Avec quel titre ? Président de la République Empereur des Français
Sur quelle base ? Constitution sous la seconde République, à peine modifiée sous l’Empire
Qui vote ? Tous les Français âgés de 21 ans

(= plus de 9 millions d’électeurs, soit 25 % de la population)

= SUFFRAGE UNIVERSEL MASCULIN

Pour élire qui ? Le président de la République

Les députés

Les conseillers municipaux et généraux (condition : avoir au moins 25 ans)

(candidatures officielles sous le Second Empire)

Comment vote-t-on ? Vote public, pas d’isoloir (établi en 1913), pas de bulletin imprimé ni d’enveloppe : les électeurs indiquaient eux-mêmes le nom des candidats de leur choix sur du papier qu’ils déposaient dans l’urne.

Sous la Seconde République, les élections avaient lieu sur deux jours au chef lieu de canton.

Sous le Second Empire, le vote avait lieu dans chaque commune.

 


  1. La Troisième République (1870-1914)

La Commune de Paris et le rôle des femmes.

Après sa proclamation en 1870, la Troisième République doit poursuivre la guerre contre la Prusse et affronter la Commune de Paris.  La Commune de Paris  est une période insurrectionnelle qui dure un peu plus de deux mois, du 18 mars 1871 au 28 mai 1871. Elle est en partie une réaction à la défaite française de la guerre franco-prussienne de 1870 et au siège de Paris. Elle oppose les révolutionnaires parisiens au Gouvernement issu de l’Assemblée nationale (élue au suffrage universel masculin) réfugié à Versailles. Les révolutionnaires appelés les Communards élaborent un programme la « Déclaration au peuple français » : séparation de l’Église et de l’État, instruction laïque gratuite et obligatoire, amélioration des conditions de travail.

Pendant la Commune, sous l’impulsion d’Élisabeth Dmitrieff et de Nathalie Lemel, ouvrière relieuse, se crée l’un des premiers mouvements féminins de masse, l’Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés. L’Union réclame le droit au travail et l’égalité des salaires (un commencement d’application est mis en place pour les institutrices). La Commune reconnaît l’union libre. Des femmes mettent en application le décret de séparation des Églises et de l’État dans les écoles et les hôpitaux, se battent, comme Louise Michel et d’autres, sous l’habit des « Fédérés » et défendent Paris contre les « Versaillais » sur les barricades (elles sont une centaine, place Blanche, avec Nathalie Lemel). Sur le chemin de l’émancipation des femmes, la Commune a marqué une étape importante.

L’instauration difficile de la troisième République.

 Après l’armistice de janvier 1871, la France signe un traité de paix avec la Prusse :  la France perd alors l’Alsace et une partie de la Lorraine.

La majorité du pays ne soutient pas le nouveau régime et les royalistes remportent ainsi les élections à l’Assemblée. Mais face aux divisions royalistes, la République gagne l’ad­hésion des Français. Les lois constitutionnelles de 1875 installent un régime parlementaire et les républicains remportent les élections en 1880.

La République se maintient.

De grandes lois assurent la stabilité de la République :

  • 1881 rétablissement des libertés publiques (liberté de réunion, liberté d’expression, liberté de la presse) ;
  • lois Ferry (1881-1882) qui imposent l’Ecole primaire gratuite, laïque et obligatoire (elle doit former ainsi des citoyens)
  • adoption de la Marseillaise comme hymne national et du 14 juillet comme fête nationale. Le buste de Marianne est installé dans les mairies

La République résiste aux crises.

La troisième République affronte plusieurs crises entre 1894 et 1906. L’Affaire Dreyfus centralise les oppositions. Celle-ci débute comme une erreur judiciaire, mais le scandale qui éclate divise les politiciens et les Français en deux camps.

Au début du XXe siècle, les tensions s’accentuent entre les républicains et l’Église catholique. La loi de séparation des Églises et de l’État est alors votée en 1905. La France devient un État laïc et la religion devient un domaine privé.


  1. Conditions féminines dans une société en mutation

Les femmes privées de droits politiques dès la Révolution française

Si les femmes ont joué un rôle important au début de la Révolution française de 1789, si l’Assemblée législative a légalisé le divorce en 1792 et leur a accordé des droits juridiques, elles ont aussi rapidement perdu ces droits et ont été exclues de la vie politique. Dès 1791, elles ont été « rangées » dans la catégorie des citoyens passifs. En 1793, elles ont été exclues de l’armée, du suffrage universel, au prétexte de leur « faiblesse naturelle ». Elles ont dû fermer leurs clubs et leurs sociétés. En 1804, le Code civil en a fait des mineures juridiques, privées de droits politiques. L’article 213, en vigueur jusqu’aux années 1960, précise que « la femme doit obéissance à son mari ». Son devoir est de faire et d’élever des enfants. Le divorce est interdit par la Restauration en 1816 puis rétablit par la Troisième République en 1884. Durant tout le XIXème siècle, les femmes sont exclues de la vie politique, sous l’effet conjuguée des normes juridiques et des représentations sociales, culturelles et religieuses. Le sexe féminin étant considéré comme fragile et instable par nature, on lui interdit d’exercer des fonctions politiques et de gouverner la France.

Pourtant les femmes sont présentes dans tous les secteurs, plus particulièrement dans l’industrie textile et l’habillement, mais aussi dans les mines. De 1806 à 1856, la part des actives dans l’industrie française passe ainsi de 18,1 à 26,6 %. Elles partagent avec les hommes la dureté du travail, sont systématiquement sous leur tutelle au sein des ateliers et des usines, sont sous-payées et souffrent de nombreuses brimades et vexations. Leur emploi est cependant considéré comme un « problème » pour et par les hommes du XIXème siècle. Ils dénoncent la concurrence de salariées, payées moitié moins qu’eux et considèrent que les femmes ne sont concevables qu’en tant que mères au foyer et épouses.

Le temps des monarchies censitaires

Le rétablissement de la monarchie en 1814, accentue la séparation entre la sphère publique (masculine) et la sphère privée (féminine). Après la Révolution de Juillet, des partisans d’une société nouvelle, plus équilibrée, s’intéressent à la question féminine.

L’installation du suffrage universel

Exclues du corps électoral par le gouvernement provisoire de février 1848, les femmes continuent de se dire citoyennes et les suffragistes demandent des droits civiques pour les femmes, à travers pétitions, journaux et clubs. Les suffragettes se livrent à des actions violentes dans le même but, mais seule George Sand réussit véritablement à se faire entendre. Le 10 mars 1848, Eugénie Niboyet fait paraître le premier numéro de La Voix des femmes « journal socialiste et politique » qui soutient les travailleuses et lutte pour que la devise « Liberté, Egalité, Fraternité » devienne une réalité.

La répression engagée dès le 2 Décembre 1852 réduit les femmes au silence. L’ordre moral en vigueur fait que l’instruction et l’éducation des filles passe presque exclusivement sous le contrôle des congrégations religieuses, qui préparent les élèves à devenir de bonnes épouses et de bonnes mères. La libéralisation du régime dans les années 1860 permet, malgré tout, aux femmes de s’exprimer à nouveau.

La victoire de la IIIème République

Après l’échec sanglant de la Commune, et la présidence d’Adolphe Thiers, Mac Mahon forme un gouvernement « d’ordre moral ». En 1875, les lois constitutionnelles excluent les femmes du pouvoir politique. Le Code civil n’est pas modifié. Sous la présidence de Jules Grévy, une politique libérale promouvant des valeurs « d’ordre et de progrès » est mise en place. Le combat des femmes pour leur émancipation resurgit et se développe autour d’associations féministes. Les plus nombreuses cherchent à modifier le statut juridique des femmes en réformant le Code civil alors qu’une minorité milite pour une égalité complète entre les sexes et le droit de vote.

A partir des lois Jules Ferry, l’enseignement élémentaire permet de faire évoluer les mentalités. Certaines institutrices s’engagent dans des associations féministes. La loi de Camille Sée de 1880 permet la création des lycées féminins qui sont payants comme ceux des garçons.

L’ensemble du cours en images

anigif bandea

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