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Thème 2 Histoire Ier millénaire avant J.-C.

 

Récits fondateurs, croyances et citoyenneté dans la Méditerranée antique au Ier millénaire avant J.-C.

Le monde des cités grecques

Rome du mythe à l’histoire

La naissance du monothéisme juif dans un monde polythéiste

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  1. Le monde des cités grecques

Les cités grecques sont indépendantes et rivales…

Les cités grecques sont indépendantes et possèdent leur propre régime politique : la démocratie à Athènes, l’oligarchie à Sparte, la tyrannie à Syracuse.

Les cités grecques n’ont pas d’unité politique et s’affrontent régulièrement pour la domination du monde grec. Ainsi, de 431 à 404 avant J.C., lors de la guerre du Péloponnèse, la cité de Sparte et ses cités alliées combattent les cités de la Ligue de Délos dirigée par Athènes.

A partir du VIIIe siècle avant J.C., les Grecs fondent des cités autour de la mer Egée puis des colonies tout autour de la mer Méditerranée. La cité de Phocée fonde par exemple Massalia (voir carte).

… mais unies par la civilisation hellénique

Les Grecs sont unis par la religion. Ils sont polythéistes et vénèrent les mêmes divinités et chantent les mêmes héros (Ulysse, Héraclès). Ils partagent aussi une culture commune : la langue, l’alphabet et les récits de l’Iliade et de l’Odyssée. Les Grecs célèbrent cette unité lors de fêtes panhelléniques comme les jeux olympiques. Mais ils partagent également des sanctuaires communs (Delphes pour Apollon, Olympie pour Zeus) et combattent les mêmes ennemis (surtout les Perses durant les guerres médiques).

La culture commune des Grecs est réalisée par l’Iliade et l’Odyssée. L’Iliade et l’Odyssée est attribuée à l’auteur Homère. Mais les poèmes empruntent des histoires de plusieurs époques qui s’étalent de 1200 à environ 750-720 avant notre ère. Les poèmes homériques posent la question du rapport entre tradition orale et texte écrit, et celle du temps long de la rédaction. Comme pour les textes bibliques, il n’y a pas un seul auteur et nous ne connaissons pas leurs noms.

Le héros homérique est un modèle pour ceux qui détiennent le pouvoir dans les cités grecques : ce modèle est celui d’une vie courte mais bien remplie. La valeur, la gloire, l’intégration à son groupe social et le secours porté à ses amis servent de modèle d’éducation aux jeunes hommes cultivés. L’Iliade et l’Odyssée permettent aussi aux Grecs de définir qui ils étaient. Le cyclope Polyphème dans l’Odyssée vit seul, dans une grotte, il est anthropophage (mange des humains) et ne connaît que le lait. A l’inverse, ce qui caractérise les Grecs : la maison (le foyer), l’agriculture (les céréales), le vin.

Les cités et leurs citoyens

Le citoyen est un membre d’une communauté d’hommes appartenant à une cité. Chaque citoyen doit remplir ses devoirs en combattant pour défendre la cité mais aussi en respectant ses lois. Il possède des droits politiques (voter, exercer une magistrature) et civiques (se marier, posséder des terres).

La démocratie, née à Athènes au Ve siècle avant J.C., permet au citoyen de participer à la vie politique. Les réformes progressives des législateurs Solon, Clisthène et Périclès garantissent l’égalité politique et juridique entre les citoyens de la cité. Mais les citoyens à Athènes sont minoritaires car seuls les hommes nés de parents citoyens peuvent obtenir ce statut. Les femmes, les enfants, les esclaves et les étrangers sont exclus de la citoyenneté. Les habitants les plus nombreux de la cité ne sont pas citoyens.

La citoyenneté athénienne se définit par la participation des citoyens à la vie politique, à la défense de la cité et à la religion civique. La fête des Panathénées est la principale manifestation du culte rendu à la déesse protectrice de la cité (Athéna). La frise des panathénées est un bas-relief qui décorait le temple du Parthénon sur l’Acropole. Elle témoigne d’une pratique concrète de la citoyenneté à travers le culte civique au temps de Périclès. Elle montre que l’exercice de la citoyenneté est aussi inscrit dans l’espace urbain.


  1. Rome, du mythe à l’histoire

Rome, une cité aux origines mythiques

Les Romains racontent qu’ils descendent du prince troyen Enée (fils de Vénus) qui avait fui le massacre  et le pillage de sa cité grecque par les Achéens. Arrivé en Italie après un long voyage, il contracte une alliance avec le roi du peuple local et épouse sa fille. A la mort du roi, il devient le roi des deux peuples réunis.

Ainsi, Rome aurait été fondée par Romulus et son frère Rémus descendants d’Enée et du dieu Mars en 753 avant J.C.  Abandonnés sur les rives du Tibre et allaités par une louve puis élevés par un berger, ils décident de fonder une cité. Mais Romulus et Rémus se querellent  et Rémus est tué dans l’affrontement. Romulus devient donc roi de la cité. Six rois lui auraient succédé avant la mise en place de la République en 509 avant J.C.

D’après l’auteur Virgile, le rôle d’Énée, prince troyen, est le lien entre le monde de l’Iliade et Rome. Il est lié à la montée en puissance de Rome et la volonté des Romains d’apparaître comme les successeurs légitimes de la puissance grecque. Ainsi, à partir du Ier siècle avant J.C., le mythe de la fondation de Rome par Romulus est utilisé par les dirigeants de la cité comme Jules César ou l’empereur Auguste car il leur permet de justifier leur pouvoir. Les origines légendaires de Rome lui donnent du prestige et la font apparaître comme désignée par les dieux pour dominer le monde.

Dans l’Histoire romaine de Tite-Live, l’auteur antique n’est pas lui-même convaincu de la légende qu’il raconte. De même, les récentes découvertes archéologiques ne permettent pas d’attester la légende.  La muraille du VIIIe siècle vite baptisée « muraille de Romulus »  découverte en 1988 mais aussi la « grotte du Lupercal » retrouvée en 2007 sous la maison d’Auguste ne confirment pas la légende ; ornée de l’aigle impérial, la grotte pourrait être reliée à la propagande impériale. Selon la légende, la louve y aurait abrité et nourri Rémus et Romulus.

Il faut donc retenir dans la légende de Rémus et Romulus un récit de fondation : on y trouve une glorification du devenir « futur » de la ville de Rome, et de l’extension de sa domination sur le monde méditerranéen.

L’archéologie indique un peuplement du site de Rome dès le Xe siècle av. J.-C., avec une transformation importante au VIIIe siècle avant notre ère.

Les historiens ont la preuve que des rois ont bien gouverné la cité à ses débuts car l’archéologie confirme les récits de la tradition affirmant que des rois étrusques ont dirigé la cité jusqu’au VIe siècle avant J.C. A cette époque, Rome se transforme profondément avec la construction de maisons, de palais et de temples mais également d’un nouveau mur d’enceinte.

La République s’installe progressivement, à partir VIe siècle avant J.C. et remplace la royauté.


  1. La naissance du monothéisme juif

Les Hébreux, un peuple de l’Orient ancien

Les Hébreux seraient venus de Mésopotamie pour s’installer dans le pays de Canaan au XIIIe siècle avant J.C. Ils vivent jusqu’au VIe siècle  dans des royaumes indépendants (de Judée et d’Israël). Ils subissent les invasions des Assyriens puis des Babyloniens entre le VIIIe et le VIe siècle avant J.C. Les invasions perses, grecques et romaines provoquent la disparition des royaumes et entraînent la diaspora des Hébreux.

Du VIe siècle avant J.C. à la fin des royaumes hébreux, les départs des Juifs de Canaan sont nombreux et se multiplient vers 70 après J.C.après la destruction du temple de Salomon par les Romains et l’interdiction de vivre à Jérusalem.

Hors de Palestine, les communautés se rassemblent et pratiquent leur culte dans des synagogues sous l’autorité des rabbins (chefs religieux) qui lisent et interprètent la Bible hébraïque.

La Bible et la naissance du monothéisme

La Bible qui raconte l’histoire des Hébreux est en partie un récit légendaire. Ainsi les sources historiques ne peuvent pas confirmer les événements survenus avant les VIIe et VIIe siècles avant J.C.

La Bible hébraïque fonde le premier monothéisme. Elle relate l’alliance des Hébreux avec leur dieu Yahvé par l’intermédiaire des prophètes Abraham et Moïse.

Les historiens estiment que les Hébreux sont passés de la monolâtrie (le fait d’adorer un seul dieu en le préférant aux autres, sans nier l’existence d’autres dieux) au monothéisme (l’idée qu’il n’existe qu’un seul dieu créateur du monde) au moment de l’exil à Babylone.  Les élites (ceux qui dominent) sont alors déplacées du royaume de Juda à Babylone par les vainqueurs. L’exil et le retour (en 538 avant J.-C.) sont aussi des moments décisifs dans l’élaboration des textes bibliques.

Dans la Bible des Hébreux, la Genèse est l’affirmation nette du monothéisme, et non plus de la monolâtrie, avec un seul Dieu créateur et préexistant à la Création. Un lien privilégié est tissé entre dieu et l’homme et donc l’ensemble de l’humanité. On trouve également dans  le récit de la Genèse beaucoup de fiction notamment pour la présentation des origines de l’humanité. Enfin on retrouve dans l’histoire des arts de nombreux symboles ou scènes évoquant les épisodes de la Genèse.

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