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Thème 1 histoire 18e siècle

 

Le XVIIIe siècle. Expansions, Lumières et révolutions

»» Bourgeoisies marchandes, négoces internationaux et traites négrières au XVIIIe siècle.

»» L’Europe des Lumières : circulation des idées, despotisme éclairé et contestation de l’absolutisme.

»» La Révolution française et l’Empire : nouvel ordre politique et société révolutionnée en France et en Europe.

Les notions du thème

Les activités en classe

  • Bourgeoisie marchande et traite négrière 3h

2 DOSSIERS

Bordeaux : la bourgeoisie marchande bordelaise et la traite négrière, dossier et NATHAN p. 20-21

Du marché aux esclaves aux plantations

Travaux de groupes (à 4) avec restitution orale de 10’ (AP), co-évaluation.


  • La circulation des idées durant les Lumières 4h 

 

Présenter les idées des Lumières sous la forme d’un sketchnoting. Corpus de textes distribués selon des thèmes différents. Travail individuel et différencié. Niveau 1 les savants des Lumières Niveau 2 critique de la société d’ordres et de la monarchie absolue Niveau 3 tolérance, liberté et esclavage. Travail évalué et perfectible.


  • La Révolution française et l’Empire : nouvel ordre politique et société révolutionnée en France et en Europe 5h

Présenter à partir d’événements la Révolution française et l’Empire avec des personnages clés et des temps clés pour donner du sens à la période et comprendre en quoi les idées et les faits marquent profondément l’Europe. Travail en binôme, recherche autonome, construction d’un diaporama, restitution orale (AP), co-évaluation.

  • Printemps et été 1789, fin de la monarchie absolue, début de la monarchie constitutionnelle
  • La réorganisation économique, spatiale et sociale de la France
  • La fuite de Varennes, la chute de la monarchie et la Première République
  • La Terreur
  • Napoléon, le réformateur du droit
  • Napoléon et ses guerres de conquête
  • Napoléon exporte la Révolution française en Europe

Les Dates

Les repère historiques importants

  • Années 1670 – années 1750 : essor de la traite
  • 1751-1772 : parution de L’Encyclopédie
  • Fin XVIIIe siècle : apogée de la traite
  • 1789 : début de la Révolution française
  • 1799-1814/1815 : Napoléon Bonaparte au pouvoir

Le vocabulaire

Personnages historiques

Carte mentale du thème

Exercices

Cours à trous sous thèmes 1 et 2

QCM Bourgeoisies marchandes, négoces internationaux et traites négrières au XVIIIe siècle, L’Europe des Lumières : circulation des idées, despotisme éclairé et contestation de l’absolutisme

Le cours

  1. L’expansion européenne au XVIIIe siècle

Une Europe puissante

En 1713, les traités d’Utrecht instaurent une paix relative en Europe. Les rivalités entre les États s’expriment alors par la conquête de territoires sur les autres continents. En agrandissant son empire colonial, l’Angleterre devient, à partir de 1763, la première puissance mondiale.

L’Europe connaît une période de croissance économique : l’agriculture et l’artisanat sont prospères. Les marchands cherchent de nouveaux débouchés pour les productions.

Ce dynamisme se traduit par l’augmentation de la population. Elle passe de 42 millions d’habitants à 145 millions en 1800.

L’âge d’or du négoce international

L’essor du grand commerce maritime international et de la traite se place dans la période 1665-1750 (la traite continue à connaître des niveaux élevés au cours des premières décennies du XIXe siècle).

La mise en valeur des colonies en Amérique et dans les Antilles provoque une forte demande de produits européens comme les armes. En échange, les colonies fournissent à l’Europe de nouveaux produits comme le sucre.

Le commerce atlantique fait la fortune des négociants encouragés par les souverains européens. Vers l’Océan Indien, le commerce est aux mains des compagnies commerciales. L’économie de plantation pour le sucre, le cacao, le café, le tabac connaît à la fin du XVIIe siècle un essor considérable, aux Amériques et dans l’Océan Indien.

Ce commerce mondial enrichit les régions littorales de l’Europe de l’Ouest. Les ports comme Londres ou Bordeaux exportent et redistribuent les produits coloniaux dans toute l’Europe. La majorité des échanges avec les colonies se fait par le commerce maritime « en droiture », qui ne comporte pas de traite : les navires partent alors avec des biens destinés à être vendus aux colonies et reviennent avec des denrées coloniales. Les bénéfices obtenus par ce commerce colonial sont plus importants en Angleterre qu’en France.

En France, l’enrichissement et le développement des ports de Nantes, Bordeaux, La Rochelle et Rouen profitent aux arrière-pays, mais les fragilisent aussi : l’essor industriel, au XIXe siècle, voit ainsi la France atlantique, liée au commerce colonial ancien, être largement dépassée par celle du Nord et de l’Est. Il en va différemment de Marseille, qui écoule ses produits suivant l’axe du Rhône, mais ce port est plus tourné vers la Méditerranée et le Levant que vers les Amériques.

La traite atlantique et l’esclavage

La traite liée à la montée des échanges internationaux est un phénomène important qui engendre le déplacement forcé d’au moins 11 millions de personnes.

Les plantations des colonies demandent une main-d’œuvre abondante. Les négociants mettent alors en place la traite atlantique entre l’Europe, l’Afrique et l’Amérique. La traite s’intègre dans le circuit particulier du commerce triangulaire (sans s’y limiter, il y aussi des liaisons directes du Brésil à l’Afrique). Les navires partent vers l’Afrique pour y échanger et acquérir des esclaves contre des articles manufacturés (qui ne sont pas forcément de la « pacotille ») et des matières premières, ils font ensuite voile vers les Amériques ou vers les îles de l’Océan Indien avant de revenir chargés de denrées coloniales.

L’esclavage en Afrique, antérieur à l’arrivée des Européens (pratiqué par les Arabes), s’amplifie. Ce phénomène de la traite négrière s’inscrit à la fois dans l’histoire longue de l’esclavage et dans celle du développement du commerce maritime international. La traite occidentale se superpose à une traite orientale plus ancienne qui a commencé au VIIe siècle, qui allait de l’Afrique sub-saharienne à l’Afrique du Nord et irriguait le monde musulman. La traite occidentale est liée à l’expansion européenne et commence dès le XVe siècle avec le Portugal. Plus de 6 millions d’esclaves noirs sont déportés en un siècle.

En Amérique et aux Antilles, s’installent des sociétés inégalitaires et violentes. A Saint-Domingue, régie par le Code noir de 1685, les esclaves se révoltent en 1791.

En France, les « libéraux » (comme Turgot ou Dupont de Nemours) critiquent l’inhumanité de la traite. Ils mettent en question le bénéfice économique retiré par le royaume. Le commerce colonial profite-t-il à l’ensemble du pays ou n’est-il qu’une source de revenu de grands négociants ?


  1. L’Europe des Lumières

Les Lumières : un nouvel élan intellectuel

L’ouverture accrue sur le monde correspond à un progrès des connaissances. Les Lumières bénéficient des grands progrès des connaissances scientifiques du XVIIe siècle : l’Encyclopédie de Diderot et D’Alembert, en même temps qu’elle diffuse de nouvelles idées, fait ainsi une synthèse des connaissances scientifiques et techniques disponibles. Au XVIIIe siècle, se manifeste un renouveau intellectuel européen. Des scientifiques comme Carl von Linné ou Buffon font de l’observation et de l’expérimentation l’origine de toute connaissance. Une nouvelle génération de philosophes comme Voltaire pose comme principe que la raison doit guider toute réflexion intellectuelle. Les récits de voyages révèlent l’existence d’autres sociétés. Ils nourrissent la réflexion des philosophes comme Montesquieu ou Diderot sur l’organisation politique et sociale de l’Europe.

Qu’il s’agisse de l’organisation du pouvoir, de la religion ou de l’économie, on cherche désormais avant tout ce qui est conforme à la raison.

Les Lumières et les autorités

Les philosophes des Lumières ont des relations complexes avec le pouvoir politique. Ils ne veulent pas en accepter les principes sans exercer leur libre pensée. Ils espèrent être influents par leurs idées. Ainsi, Voltaire est reçu par Frédéric II de Prusse, despote éclairé. De son côté Diderot est reçu par Catherine II de Russie également despote éclairée.

Avec l’Église les conflits sont fréquents. Les Lumières ne contestent pas l’existence de Dieu, mais refusent d’accepter sans les questionner les croyances et le fonctionnement de l’Église. Celle-ci répond par la censure.

Les philosophes des Lumières remettent en cause les fondements de la monarchie absolue. Jean-Jacques Rousseau affirme que le peuple est souverain et Montesquieu admire le modèle anglais qui sépare les pouvoirs. Des femmes influentes comme la Marquise de Pompadour ou madame Geoffrin leur apportent un soutien politique et financier précieux.

En somme deux visions s’opposent dans la relation des Lumières et du pouvoir :

  • comme Montesquieu, certains philosophes placent en face du pouvoir royal des contre-pouvoirs dominés par l’aristocratie ;
  • d’autres, comme Diderot, jugent nécessaire de s’appuyer sur un pouvoir royal fort influencé par les philosophes : c’est ce que les historiens allemands du XIXe siècle ont appelé le « despotisme éclairé ».

Les Lumières et la société

Les philosophes débattent entre eux au sein des salons (comme celui de madame Geoffrin) et, dans toute l’Europe, par une intense correspondance. Les académies comme la Royal Society de Londres (16660) et l’Académie royale des Sciences réorganisée en 1699, se multiplient. Les idées se diffusent grâce aux cafés littéraires, aux salons de lecture et aux bibliothèques qui se généralisent. En France, la presse écrite compte 80 titres en 1750, 250 en 1789.

Ces espaces publics où l’on apprend à penser par soi-même vont favoriser la formation progressive d’une opinion publique.

Avec la traite négrière c’est l’aspect humain qui pose question. Le débat commence au XVIIIe siècle : Montesquieu critique l’esclavage dans L’Esprit des Lois (1748), les quakers (« Société religieuse des Amis » est un mouvement religieux)  des futurs États-Unis d’Amérique créent, dès 1775, la première société pour l’abolition de l’esclavage, exemple suivi en Angleterre en 1787 et en France en 1788. En 1791, a lieu la révolte des esclaves de Saint-Domingue.


  1. La Révolution française de 1789 à 1799

De la monarchie à la République

En France, Louis XVI ne parvient pas à mener à bien une indispensable réforme fiscale. La rupture entre les Français et la monarchie absolue éclate en 1789. En juin, lors des états généraux à Versailles, une partie des députés s’oppose au roi en se proclamant Assemblée nationale. Durant l’été, la diffusion de la Révolution à Paris puis à tout le pays précipite la fin de la monarchie absolue symbolisée par la prise de la Bastille le 14 juillet.

La monarchie constitutionnelle est un échec. Les Français restent divisés sur le choix d’un mode de gouvernement. Le roi qui a tenté de fuir à l’étranger est emprisonné en 1792.

En septembre, une nouvelle assemblée fonde la Première République. Face aux contre-révolutionnaires, les Montagnards imposent une sanglante répression à partir de 1793, la Terreur. En 1794, le retour des républicains modérés ne permet pas de réconcilier les Français. Ces divisions favorisent le coup d’État du général Bonaparte, en novembre 1799.

Une France nouvelle

Dès 1789, la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen affirme des valeurs comme la liberté et l’égalité. La souveraineté nationale s’exprime en 1792 par la première élection au suffrage universel masculin.

Avec la création des départements et la suppression des douanes intérieures, le territoire est restructuré pour renforcer l’unité nationale.

La société est révolutionnée par des réformes au profit de la bourgeoisie. Ainsi, les biens du clergé sont confisqués et revendus aux bourgeois aisés.

L’expansion de la Révolution en Europe

En 1789, une partie des peuples européens, soumise à des princes autoritaires, accueille avec enthousiasme la Révolution française. Après l’exécution de Louis XVI en 1793, les souverains européens, redoutant la diffusion des idées révolutionnaires, attaquent la France. La République, grâce à la levée en masse, repousse les armées des États hostiles puis, comme en Italie, impose sa domination.


  1. L’échec d’une Europe conquise et révolutionnée par la France (1799-1815)

Le retour d’un régime monarchique

Pour Bonaparte, seul un pouvoir politique fort peut redresser la France. Il transforme la République en Consulat et limite la souveraineté nationale. En 1804, Bonaparte devient Napoléon 1er, empereur aux larges pouvoirs.

Des réformes sociales visent à rétablir la cohésion nationale. Le Code civil de 1804 s’appuie sur les valeurs traditionnelles de la famille et de la propriété mais confirme de nombreux acquis révolutionnaires comme l’égalité civile. Les premières années, la prospérité économique, soutenue par des réformes comme la création du franc germinal en 1803, lui assure l’adhésion populaire.

Une Europe nouvelle

A partir de 1803, des guerres permanentes conduisent la France à dominer l’Europe. Son territoire est agrandi par des annexions. Elle contrôle de nombreux États dirigés par la famille Bonaparte et des princes alliés. Des traités de paix sont signés avec les puissances rivales comme la Russie.

La France diffuse les idées de la Révolution française dans toute l ‘Europe. De nouvelles constitutions font disparaître les principes d’Ancien Régime. Ces bouleversements qui révolutionnent les sociétés européennes sont, dans un premier temps, bien accueillis. En 1807, la France est l’apogée de son rayonnement politique en Europe.

Les résistances nationales

La domination française fait peser de nombreuses contraintes, comme les impôts et les pillages, sur les territoires dominés. La France exige aussi toujours plus de soldats pour ses armées. Les résistances se généralisent. Goya en Espagne et Fichte en Allemagne dénoncent la tyrannie de Napoléon et témoignent de la naissance de sentiments nationaux.

Les défaites militaires, comme à Leipzig en 1813, précipitent l’échec de Napoléon. L’empire s’écroule en 1815.

L’ensemble du cours en images

 

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